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Parmi les recommandations de la commission présidée par
Monsieur Jacques Attali en vue de la " libération de la croissance française " ( sic ), il en existe une qui est une véritable provocation : il s'agit de celle recommandant de " relancer
" l'immigration.
Commençons par le titre
de cette proposition, qui laisse supposer qu'on connaîtrait une pause dans l'arrivée de populations étrangères sur notre sol. Pour " relancer l'immigration ", il faut qu'elle se soit
tarie ! Or il n'en n'est rien. Si le rythme des expulsions d'immigrés illégaux s'est accru de quelques milliers, le flot de pénétration des populations immigrées continue inexorablement,
au rythme d'environ trois cent mille étrangers par an. Pour en revenir au plan économique, demander qu'on relance massivement l'immigration est très exactement l'inverse de ce qu'il faut
faire, dans le monde d'aujourd'hui, pour libérer la croissance. On comprend que Monsieur Attali, qui était en 1981 un marxiste convaincu et le conseiller spécial du Président Mitterrand,
n'a toujours rien compris à l'économie, bien qu'il se soit maintenant converti au libéralisme pur et dur.
Le libéralisme pur et dur
Quel est le raisonnement de la Commission Attali ? Faire rentrer
massivement des immigrés permettrait, dit-elle, d'éviter les " tensions sur le marché du travail ". En clair, cette " armée de réserve des travailleurs ", pour employer le langage
marxiste, pèserait sur les salaires des travailleurs français, qui seraient obligés d'accepter des conditions très inférieures à celles pratiquées actuellement. C'est faire bon marché des
réactions des travailleurs et de leurs syndicats : si l'on voulait relancer les luttes ouvrières du temps jadis et favoriser la renaissance des partis d'extrême - gauche, on ne ferait pas mieux ! C'est aussi oublier qu'il existe en France un
salaire minimum garanti et donc que, à moins de faire travailler ses populations "au noir" - et l'on doute que la Commission aille jusqu'à recommander cette solution -, l'effet
d'abaissement sur les salaires sera limité. Très visiblement, la Commission Attali a été séduite par l'exemple des Etats-Unis, dont la population a considérablement augmenté du fait de
l'énorme arrivée d'immigrants venus notamment du Mexique. Mais d'une part, le cadre géographique et légal n'est pas le même. Aux Etats-Unis, la notion de salaire minimum est inconnue. En
outre, le résultat de cette politique n'est pas probant.
D'autre part, les Etats-Unis connaissent une augmentation massive de la pauvreté. Un quart des américains vivent en dessous du seuil de pauvreté…Enfin, la croissance américaine, déjà
ralentie, s'effondrerait si elle n'était pas soutenue par des taux d'intérêts les plus faibles du monde
L'immigration massive est une
charge
Mais allons plus avant dans le raisonnement de la Commission Attali. Elle constate qu'il existe en
France des emplois offerts, dont on évalue le nombre , selon les sources, de 500.000 à 700.000, qui ne trouvent pas preneurs. Donc, dit la commission, faisons entrer en grand nombre des
immigrés sans la moindre qualification technique et venant des pays les plus pauvres, qui n'hésiteront pas à accepter ces emplois,. Première erreur : ces emplois ne sont pas toujours à la
portée de travailleurs sans qualification, loin de là. Même dans le bâtiment et les travaux publics on ne travaille plus guère avec une pelle et une pioche, mais avec des outils et des
machines sophistiqués. Seconde erreur : la mauvaise adéquation entre l'offre et la demande d'emplois signalées ci-dessus existe depuis trente cinq ans, précisément à l'époque où a
commencé une immigration massive, ce qui prouve que cette solution n'en est pas une. On constate d'ailleurs que c'est pendant cette période que la croissance économique française a
décroché, passant de plus de 5% par an pendant les trente glorieuses", à 2% pendant les "trente pisseuses" ! Il est donc clair que l'immigration n'est pas synonyme de croissance
!
L'adéquation entre l'offre et la demande
En réalité, la
seule solution pour faciliter cette adéquation est la diminution de la durée des allocations de chômage, l'obligation pour les chômeurs d'accepter, au bout d'un certain temps, n'importe quel emploi
proposé et surtout la limitation du RMI aux demandeurs ayant cotisé effectivement aux caisses sociales françaises depuis un nombre minimum d'années. Car, on n'ose pas le dire, c'est la
trop grande libéralité d'attributions des subsides divers alloués aux quatre millions de personnes qui ne travaillent pas, dont un très grand nombre d'étrangers, qui grève lourdement la
croissance. Pensez notamment à la Couverture Maladie Universelle, qui est une des causes de la faillite de la Sécurité Sociale et au nombre d'immigrants qu'il faut accueillir dans nos
hôpitaux. Le financement de ces dépenses pèse forcément , sous forme d'impôts et de cotisations diverses, sur les actifs travaillant en France et pénalise notre croissance !
L'Europe et la
mondialisation
On est étonné
de constater qu'un grand nombre des propositions de la Commission Attali vise le plus souvent des gadgets, tels que le statut prétendument privilégié
dont bénéficieraient les coiffeurs et les
chauffeurs de taxis, mais qu'elle est muette sur les vraies raisons de la faible croissance économique de la France. Car, celle-ci s'explique, d'abord et principalement, par l'ouverture
des frontières résultant de l'Europe et de la mondialisation.
C'est l'ouverture des frontières qui a permis la destruction quasi - totale de notre industrie, soit par la faillite de nos entreprises, soit par la délocalisation de leurs activités. Comme l'a démontré depuis longtemps
le professeur Maurice Allais, Prix Nobel d'économie, l'ouverture des frontières n'est profitable que lorsque les membres de la communauté au sein duquel elle est pratiquée ont un niveau
de vie et de charges à peu près équivalent. Autrement dit, l'ouverture des frontières françaises n'est valable que lorsqu'elle s'applique avec quelques pays d'Europe occidentale, mais
elle devient destructrice lorsqu'elle joue avec des pays ayant un niveau de vie et de charges très inférieur aux nôtres. Comment notre industrie pourrait-elle lutter contre l'invasion de
produits fabriqués en Chine ou en Inde ? Elle est sacrifiée d'avance !
L'erreur de Monsieur
Sarkozy
Monsieur Nicolas Sarkozy a été bien mal inspiré de constituer
cette Commission et surtout d'en confier la présidence à Monsieur Jacques Attali. Ce personnage, digne produit de la technocratie, fait montre d'un orgueil incommensurable. N'a-t-il pas
eu l'outrecuidance de dénommer les recommandations de sa Commission : " des décisions " ! Il faut dire que Nicolas Sarkozy lui a facilité la tâche en déclarant que toutes les propositions
de celle-ci seraient appliquées. Le voilà bien attrapé !
Georges Rousseau
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