Pensée

"Le monde n'est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu'il est devenu objet de dialogue." HANNAH ARENDT

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Mercredi 9 juillet 2008
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La façon dont Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche s’est adressé le 20 mai dernier aux pécheurs inquiets de leur situation, mérite d’être retranscrite tant elle est emblématique d’un Etat qui fait un aveu d’impuissance :

« Les mesures d’aide que je compte mettre en place sont suspendues à la décision de la Communauté européenne. J’attends la réponse de Bruxelles d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, et même d’une heure à l’autre. Je ne peux rien faire sans cela. »

Peut-on mieux exprimer qu’en France la souveraineté se trouve hors-jeu ?

Dans ces conditions les bouts de ficelles institutionnelles qui sont censés réformer la Constitution ne peuvent intéresser que les carriéristes de la politique. Et, comme il se doit, le débat tourne au traditionnel duel majorité-opposition. En dépit des aspirations communes des deux camps et des discussions où ils furent associés, rien n’est moins sûr que l‘aboutissement du projet, tant les préoccupations de rentabilité partisane et électorale conditionnent les positions.

La belle affaire qu’un Président soit limité à deux quinquennats si toute la capacité de sa puissance équivaut à s’aligner sur les directives de l’Union Européenne devenue variable d’ajustement de la mondialisation ? Ou que le Parlement ait la maîtrise de la moitié de l’ordre du jour quand la législation bruxelloise prévaut sur celle nationale ?

La justification de la « modernisation » n’est qu’un leurre. Après avoir imposé aux Français, notamment par le Traité de Lisbonne, des dispositions qui affaiblissent davantage encore la puissance de leur Etat, la proposition de quelques droits supplémentaires donnés aux citoyens et à l‘opposition parlementaire est un gage démagogique qui se veut brevet de démocratie. Tout cela est dérisoire car n’aborde pas les questions essentielles : la souveraineté et l’impartialité de l’Etat, la référence à la Nation française, la représentativité réelle des Français.

Une nation comme la France n’est ni une réalité dépassée ni un concept obsolète. La fin de la Guerre froide, l’émergence de nouvelles puissances, la mondialisation, l’idéologie du marché, les menaces écologiques créent des situations nouvelles qui amènent notre pays, non au renoncement à lui-même ni à un repliement, mais à une réflexion de fond sur les institutions dont l’actuel débat n’est qu’une caricature. Même si la réforme aboutit dans ses grandes orientations, elle ne compensera pas les carences liée à l’absence d’un Etat vraiment national. C’est autour de cette réalité à ré-instituer que pourra se concevoir une réponse pertinente aux défis actuels. La coopération souhaitée entre états souverains peut être un multiplicateur de puissance autrement efficace qu’une fédération technocratique subie.

Lors de sa dernière émission de télévision en direct de l’Elysée Nicolas Sarkosy a cru bon de s’exclamer à deux reprises « Je ne suis pas un roi ! » Entendez le vocable roi dans sa version mythologique révolutionnaire : un despote qui agit selon son seul bon plaisir ! Ce qui n’était ni très délicat à l’égard du Royaume-Uni d’où le couple présidentiel rentrait juste d’une visite en grandes pompes, ni très diplomatique à la veille de la présidence française de l’Union européenne qui compte plusieurs monarchies vivantes ! Sans doute voulait-il neutraliser le thème de « la dérive monarchique » du pouvoir que maints journalistes et essayistes ont l’habitude de décliner à l’encontre de chaque président occupé à autre chose qu’à inaugurer les chrysanthèmes. Surtout quand on a affaire à un super-actif comme l’est l’actuel Président !

S’il avait voulu être exact il aurait dû ajouter : Je ne suis pas un roi ! J’occupe la place mais je n’exercerai jamais la fonction. Je ne suis pas un souverain et je ne peux pas être un arbitre. On me dit hyper-président, mais je ne suis qu’un super premier ministre. Il n’y a pas de chef d’Etat. Je suis en pleine forme mais nos institutions qui ont presque mon âge sont, elles, de faible Constitution. Je déplore que le temps qu’on passe à durer on ne le passe pas à faire, mais je ne peux pas faire grand-chose et je ne durerai pas. Je ne fais que passer. En politique, le développement durable, c’est la monarchie. Et il est vrai que je ne suis pas roi ! Est-ce pour cela qu’on m’aime de moins en moins ?

Ce sont des considérations de cette sorte qui constitueraient une rupture avec la régression de la pensée politique où s’enlisent nos institutions. Il est clair que les réformes successives de la Constitution ont été un travail de plâtriers dissimulateurs de lézardes de plus en plus périlleuses. On attend un grand architecte, à la fois audacieux et fidèle à la tradition du bon goût qui pourrait faire une œuvre de solide restauration…nationale.

par Philippe SCHNEIDER publié dans : lettre de la Restauration Nationale
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Mercredi 2 juillet 2008

Le NON des irlandais au référendum sur le traité européen a sonné haut et clair ! Il a claqué comme une gifle donnée aux dirigeants de ce pays et aux européistes de toutes les nations européennes. Et en premier lieu, à Monsieur Sarkozy, qui a été l’initiateur du traité simplifié et qui va devenir, pour six mois, président de l’Union Européenne.



E
n réalité, depuis le début, la construction européenne s’est effectuée en cachette. Selon la méthode Jean Monnet, il fallait se garder de mettre sur la place publique les décisions qui ont abouti, au cours des cinquante dernières années, a retirer petit à petit des portions de plus en plus grandes de la souveraineté des nations composant cet ensemble monstrueux ! Pour Jean Monnet et ses successeurs, pour réussir la construction européenne, il faut avancer masqué…En somme, la construction européenne est un sujet trop sérieux pour qu’on fasse intervenir le peuple. Les technocrates de Bruxelles sont démocrates dans les discours, mais dans la réalité, ils professent le plus profond mépris pour la masse des électeurs ! Alors, ceux-ci se vengent dès qu’on leur en donne la moindre occasion… En deux ans, les électeurs de trois nations ( la France, les Pays-Bas et l’Irlande) ont rejeté par référendum, chaque fois à une confortable majorité, le projet de Constitution européenne ou le Traité qui en tient lieu.

Les raisons d’une telle constitution

Pourquoi les gouvernements insistent–ils tellement pour l’adoption de ce traité ? Tout simplement parce qu’à force « d’élargir l’Europe », entendez par là, à force d’ augmenter le nombre de ses membres, l’Union est devenue ingérable. En effet, la Communauté Européenne, à six ou à quinze pays, fonctionnait sur la base du consensus, c’est à dire que les décisions se prenaient à l’unanimité. Par définition, cela prenait du temps pour l’obtenir et parfois le mécanisme se bloquait, surtout lorsque les technocrates de la commission de Bruxelles inventaient une nouvelle règle que personne n’avait demandée. Mais voilà que l’Union est passée à vingt cinq membres, et bientôt vingt sept et peut-être trente…Du coup, ce système ne peut plus marcher. Par exemple, jusqu’à présent, chaque Etat - Membre disposait d’un siège de la Commission de Bruxelles, c’est à dire qu’il désignait un « ministre » de l’Union. Jusqu’à quinze, cela allait très bien. Mais on ne peut pas avoir un gouvernement avec trente ministres ! Alors, la Constitution, pardon : le Traité, prévoit qu’un Etat pourra ne pas être représenté à la Commission. C’est l’une des nombreuses raisons qui portait à repousser ce texte, puisque la France, comme les autres Etats, notamment les grands pays, n’aurait même pas été présente dans l’exécutif Bruxellois. On arrivait bien à un « pouvoir supra - national », un super – Etat technocratique et apatride… Le « Meilleur des Mondes », en somme ! Tout ceci démontre amplement que le système européen est complètement coupé des réalités auxquelles les pays et leurs citoyens doivent faire face. Cela n’intéresse tout simplement pas les européistes, qui continuent imperturbablement à gérer les différents pays comme s’ils en étaient les maîtres et sans s’occuper le moins du monde de ce qu’en pensent les citoyens. Il suffit de voir leur réaction devant le NON irlandais. « On va bien arriver à leur faire changer d’avis, on va les faire revoter dans quelques mois, ces demeurés », voilà ce qu’ils pensent !

Le vent tourne……

Mais les choses sont en train de changer, les esprits commencent à évoluer dans ce domaine où, jusqu’à présent, l’idéologie européiste régnait en maître. Voici un exemple récent de cette évolution. Monsieur Alexis Brézet, dans un éditorial du Figaro Magazine , écrivait il y a quelques jours : « La vérité est que la gigantesque machinerie que l’on dit en panne et qui pourtant produit à la chaîne des directives, des résolutions, des jurisprudences, des normes et des sanctions, ne sait plus parler au cœur des Européens… Au nom d’un universalisme abstrait, l’Europe refuse de dresser la moindre barrière entre elle et le reste du monde ? Crispée sur un libéralisme doctrinaire qui laisse pantois les américains…, elle s’interdit de voler au secours de ses industries ? Les peuples, du coup, reviennent à la seule protection qui vaille : celle de la Nation. » Voilà qui est bien vu et qui pourrait être écrit dans Restauration Nationale. Précisons que Monsieur Alexis Brezet est le Directeur adjoint de la Rédaction du Figaro Magazine , donc un personnage très important du monde médiatique. C’est dire si, mine de rien, les esprits commencent à secouer la chape de plomb invisible, qui depuis cinquante ans, empêche les gens d’observer les faits et d’en tirer des conclusions.

L’Europe est à reconstruire

Au point où nous en sommes, il faut remettre les compteurs à zéro et tout reconstruire, mais en regardant la réalité et en tournant le dos aux visions doctrinaires. Il ne faut pas détruire les Nations, mais s’appuyer sur elles dans des entreprises pratiques de coopération. Par exemple, on peut penser que de telles initiatives sont possibles en matière de transports ou de l’énergie. Mais il faut commencer par démolir le cadre institutionnel - car c’est lui qui bloque tout - en remplaçant la Commission par un Secrétariat général chargé, non de prendre lui-même des décisions, mais seulement d’exécuter les décisions prises par le Conseil des chefs d’Etat. Naturellement, dès que ces décisions seront importantes, la règle de l’unanimité sera rétablie. Par ailleurs, la Cour de Justice sera supprimée, car un tribunal étranger ou supra - national ne peut en aucun cas contredire un jugement d’un tribunal français. Enfin, l’Europe doit être à géométrie variable. Si dans certains domaines, des solidarités historiques, des traditions anciennes ou des intérêts économiques existant entre quelques Etats permettent de faire certaines tâches qu’il est impossible d’organiser à six, à quinze ou à vingt-sept, pourquoi ne pas les faire en dehors du cadre européen ? Du fait de toutes ces mesures, les Etats - Membres bénéficieraient d’une bien plus grande souplesse… Ce ne sont que quelques exemples et la remise en ordre de la « Communauté », nom que je préfère de beaucoup à « l’Union », demandera beaucoup de travail et d’imagination…

Dix ans déjà

Le dernier numéro du journal Restauration Nationale vient de paraître. Il porte le numéro cinquante. Ce journal a vu le jour il y a exactement dix ans, en juin 1998. Que d’événements sont survenus en dix ans ! Pendant cette période déjà longue, nous avons toujours tenu bon, malgré les prévisions pessimistes de certains… Nous avons fidèlement suivi la ligne que le Comité directeur de la Restauration Nationale a fixée, à savoir : fournir une analyse sur les évènements survenant en France et dans le monde fondée sur la méthode de l’Action française, défendre toujours l’intérêt national et rappeler sans cesse que le retour de la monarchie est indispensable à la survie de notre pays. Sur ce, permettez - moi, chers amis internautes, de vous souhaiter de bonnes vacances, pour vous et votre famille.

Georges Rousseau

 

par Philippe SCHNEIDER publié dans : lettre de la Restauration Nationale
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Vendredi 6 juin 2008

La dispute au sein du P. S. est en train de se transformer en un véritable duel opposant les deux personnalités socialistes les plus populaires dans les sondages.

C’est désormais sur la place publique que se déroule le « combat des chefs ». Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, les deux personnalités les plus populaires et les premières à s’être déclarées publiquement, ont commencé leurs manœuvres, et cela va continuer jusqu’au mois de novembre, époque où aura lieu le congrès de Reims. Ce congrès verra l’un ou l’autre, ou pourquoi pas, un troisième, porté à la direction du Parti. Car une première remarque s’impose : De même que Nicolas Sarkozy, dans sa quête du pouvoir du côté de la droite, s’est d’abord emparé de l’U.M.P., de même les candidats côté socialiste ont compris que la première marche vers le pouvoir consistait à devenir chef du Parti. Pour présenter, avec quelques chances de succès, sa candidature aux élections présidentielles, tout candidat a impérativement besoin de disposer de troupes, d’une infrastructure et surtout d’argent, et cela passe nécessairement par la conquête du Parti.

Existe-t-il encore une doctrine socialiste ?

En outre, aussi bien Bertrand Delanoë que Ségolène Royal cherche à se distinguer de l’autre – et de tous les autres candidats potentiels – non seulement par sa personne et sa tactique, mais aussi par le contenu doctrinal qu’il entend donner au Parti Socialiste. Car chacun d’eux, comme d’ailleurs tous les observateurs attentifs, qu’ils soient favorables aux socialistes ou non, savent bien que le flou qui entoure aujourd’hui la « doctrine socialiste », si on peut appeler cela comme ça, ne peut continuer plus longtemps. Le P.S. est-il toujours marxiste ? Si on croit son vocabulaire, on peut répondre par l’affirmative. Mais si l’on en croit la pratique du pouvoir lorsque les socialistes sont à la tête du gouvernement ou à la tête d’une municipalité ou d’une région, c’est moins sûr. Bref, les camarades ne feront pas l’économie d’une redéfinition des principes sur lesquels se fonde leur parti. Et alors là, le drame commence. Car depuis longtemps, comme le Parti Radical autrefois, le flou artistique qui entoure l’idéologie socialiste leur a permis de promettre aux militants et aux électeurs tout et n’importe quoi. Ils se présentent comme cet animal sortant de l’ordinaire dont parle le bon Jean de la Fontaine: « Je suis oiseau , voyez mes ailes. Je suis poisson, voyez ma queue » ! Mais, au point où nous en sommes, cela ne peut plus continuer. Il faut choisir. Nos socialistes doivent, soit continuer a prétendre qu’ils sont marxistes et, avec tous les bémols possibles, maintenir qu’ils souhaitent la victoire de la Révolution prolétarienne. Ou alors, comme il y a cinquante ans les socialistes allemands l’ont fait à Bad-Godesberg, ils doivent décider carrément qu’ils abandonnent le marxisme au profit de la social - démocratie. D’où les contorsions auxquelles commencent à se livrer nos deux « candidats à la candidature ». C’est ainsi que Bertrand Delanoë vient de proclamer qu’il « accepte le libéralisme ». Mais attention, le maire de Paris parle surtout du libéralisme « philosophique », celui de l’individualisme tant prisé par nos « bourgeois branchés ». Toutefois, il a été jusqu’à dire que les socialistes ne doivent « plus prendre les termes de concurrence ou de compétition pour des gros mots » ! Hurlements de Ségolène qui se voit frustrée d’un riche terrain de chasse. Car la définition des principes n’est pas neutre, elle débouche sur le problème crucial des alliances.
Le problème des alliances
En effet, un seul coup d’œil aux chiffres fait apparaître que le Parti Socialiste ne peut, à lui seul, espérer gagner une élection présidentielle ni même une élection législative. Il lui faut des alliés. Mais vers qui se tourner ? S’il penche vers la gauche comme l’avait fait en son temps François Mitterrand, il n’est pas sûr que cela soit suffisant. Car les choses ont beaucoup évolué depuis 1981. D’abord, le Parti Communiste s’est écroulé et n’arrive plus à dépasser 3,5 % des voix au niveau national. L’extrême - gauche fait, comme on dit au théâtre, un « succès d’estime », mais n’atteint pas au total plus de 5 ou 6 % des votes. Reste les verts, mais ce groupe émietté ne fait plus recette : tout le monde est plus ou moins écologiste de nos jours ! Alors, beaucoup de socialistes se demandent s’il ne faudrait pas se tourner de l’autre côté. Par un réflexe très « Quatrième République », ils penchent vers le Centre. Mais ils se trompent de République ! Qu’on le veuille ou non, l’élection présidentielle et les élections législatives au scrutin majoritaire, se font, fondamentalement : « bloc contre bloc », c’est à dire : droite contre gauche. Et d’ailleurs, qu’est-ce que le centre ? Ou bien c’est un autre nom de la droite, comme l’était l’UDF et avant elle le CNI, segment qui a pris maintenant le nom de « Nouveau Centre », avec lequel les socialistes ne peuvent pas penser à s’allier, sauf peut-être pour des élections locales. Ou c’est le ventre mou, le « marais » d’inspiration plus ou moins démocrate-chrétienne. On pense alors à François Bayrou, et c’est évidemment vers lui que penche Ségolène Royal, qui, depuis l’ élection présidentielle, sait faire les additions…

Le grand écart
Cela amène nos deux candidats, et tous les autres postulants qui ne sont pas encore déclarés, à un exercice difficile, auquel seuls excellent les « grands animaux politiques », tels que François Mitterrand : le grand écart ! Et hop, un pied à droite, un pied à gauche ! Mais l’exercice est très difficile, car le dosage doit être subtil : une cuillère à café de droite, une cuillère à soupe de bonne conscience style démocrate-chrétien, une louche de socialisme proudhonien et une pincée, que dis-je, un soupçon, de marxisme ! Car il faut ne faire fuir personne… Le gros bataillon des instituteurs et professeurs de collège, soutien sans faille du P.S., souvent plus ou moins anti-cléricaux, et les cadres et cols blancs des P.T.T et des administrations centrales, appartenant souvent aux loges, doivent cohabiter avec des tas de bourgeois branchés et des minets bayroutistes, souvent élevés dans nos bonnes écoles religieuses… Mais après tout, si c’est pour le bien du Parti, et surtout, si c’est pour revenir au pouvoir, qu’on a quitté il y a si longtemps, pourquoi pas ! Il y aura bien , de - ci, de - là, des intellectuels qui feront la moue en se demandant à quoi ressemble idéologiquement cette « contribution », cette « proposition », ou même cette « synthèse », mais qui s’en souciera ? L’essentiel c’est d’obtenir les voix, après on s’arrange, tous les démocrates vous le diront !

L’appel de François Hollande
C’est pourquoi l’appel lancé par François Hollande dans Le Monde du 30 mai a peu de chance de réussir à désamorcer le combat des chefs. D’abord, parce lui-même se verrait bien dans le rôle de « rassembleur », au cas où les deux premiers candidats échoueraient. Ensuite parce que les dix questions qu’à son avis, il est indispensable de régler au terme du débat qui aura lieu lors du congrès de Reims, sont des questions pratiques et non doctrinales. Autrement dit, lui - même esquive le véritable débat, ce qui, il faut le dire, n’augure pas vraiment bien du résultat de ce congrès.
Georges Rousseau

Activités du mois de juin
La Restauration nationale a le plaisir de vous inviter à sa grande réunion de fin d’année qui aura lieu le mardi 10 juin 2008 à 20 h. à l’A.S.I.E.M. 6, rue Albert de Lapparent, Paris 7ème
( Métro : Ségur, La Motte Piquet, Cambronne ) qui traitera de « Nicolas Sarkozy un an après » avec Hilaire de Crémiers, délégué général de la Restauration Nationale, directeur de Politique Magazine et Maître Georges Rousseau, Président de la Fédération royaliste d’Ile-de-France. La conférence sera suivie d’un moment convivial. Participation aux frais.

La Fédération Royaliste d’Ile-de-France vous invite à sa 8ème Journée champêtre qui aura lieu le dimanche 22 juin 2008 à 12h à Vincennes. Elle comprendra un repas servi à table au « Jardin Extraordinaire », suivi d’une causerie de madame Florence de Baudus sur : « Le duc d’Enghien et le château de Vincennes ». Nous visiterons ensuite le Château qui vient d’être restauré. Renseignements et inscriptions à la Restauration nationale BP 652-08 , 75367 Paris Cedex 08 – Téléphone : 01.44.92.82.82.

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par Philippe SCHNEIDER publié dans : lettre de la Restauration Nationale
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Samedi 3 mai 2008
 

Mai 2008

Les difficultés économiques de la France

 

La célébration de la fête du travail, et le long week-end de loisirs qui en découle, ne doivent pas nous faire oublier les difficultés que traverse notre pays au plan économique et financier

 

Certaines de ces difficultés durent depuis longtemps et ne sont ni plus ni moins que la conséquence de décisions prises par nos dirigeants politiques, de droite et de gauche. En premier lieu, les français travaillent de moins en moins. Qu’il s’agisse du nombre d’heures travaillées par jour ou par semaine, ou du nombre de jours travaillés par an, la France est dans le peloton de queue des pays développés, loin derrière l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis et, bien entendu, le Japon. Cela signifie que le prix des produits fabriqués en France est plus élevé que ceux fabriqués à l’étranger. Ils sont d’autant moins compétitifs que le prix de vente des produits français incorpore des charges sociales beaucoup plus fortes que celles frappant nos concurrents étrangers. Par définition, nos produits sont donc plus chers que les produits fabriqués à l’étranger. Nos exportations sont donc pénalisées, et les importations de produits que nous achetons à l’étranger sont favorisées.

 

Nos frontières sont ouvertes

 

Cette situation avait une moindre importance autrefois, étant donné que nos frontières étaient plus ou moins fermées. Hélas, nos dirigeants ont, depuis quarante ans, ouvert largement nos frontières – merci l’Europe, merci la Mondialisation – et le résultat a été la destruction de pans entiers de nos industries, ou, dans le cas d’entreprises importantes, la délocalisation de leurs activités vers des pays où ces inconvénients n’existent pas. Une cause supplémentaire de la pénalisation des produits fabriqués chez nous est la surélévation de l’Euro. La politique suivie par la Banque Centrale Européenne entraîne la surélévation de la monnaie unique d’au moins 40 % par rapport au dollar. Il s’ensuit que, mécaniquement, le prix des produits fabriqués aux Etats-Unis sont 40 % moins chers que les produits fabriqués en Europe. En somme, les Etats-Unis font payer à l’Europe le rééquilibrage de leur balance commerciale déficitaire… Mais la Banque Centrale Européenne, au lieu de baisser ses taux d’intérêts comme le font les américains, continue à parler de lutte contre l’inflation.

 

Pression fiscale et dette

 

Les dépenses de l’Etat, des collectivités locales et des Caisses sociales sont trop fortes. L’Etat, en particulier, vit au-dessus de ses moyens depuis quarante ans. Il existe beaucoup plus de fonctionnaires en France, notamment dans l’Education Nationale, que dans les autres pays. Il s’ensuit que la pression fiscale française est parmi les plus fortes du monde. Et pourtant, cette énorme ponction sur le portefeuille des contribuables est insuffisante ! Elle devrait être beaucoup plus forte si l’on voulait réellement couvrir nos dépenses par nos recettes. Pour équilibrer son budget, ne pouvant augmenter les impôts déjà trop lourds, l’Etat a recours à l’emprunt. D’ou l’énormité de la dette publique, qui dépasse 1.100 milliards d’euros, sans compter les dépenses dues mais non échues. On ne le sait pas assez, mais les seuls intérêts de la dette coûtent annuellement un montant égal au budget de l’Education Nationale. Dans le bon vieux temps, lorsque la France était maîtresse de sa monnaie, elle aurait sans rien dire fabriqué de la « monnaie de singe » grâce à l’inflation. La hausse des prix annule le poids des dettes, tous les emprunteurs vous le diront. Mais voilà, l’indépendance de la France en matière monétaire, c’est fini. C’est maintenant la Banque Centrale Européenne qui est maîtresse du jeu et son rôle, d’après ses statuts, c’est de veiller à ce que l’inflation ne reprenne pas comme autrefois. La croissance économique et la santé de nos entreprises, elle s’en moque !

 

La crise dans la sphère financière

 

La situation est d’autant plus difficile que, suite au laxisme de certaines banques américaines, le marché immobilier est en train de s’effondrer dans ce pays, et que la crise des financements accordés à des emprunteurs impécunieux est en train de se répandre dans tous les systèmes financiers du monde entier par l’intermédiaire de produits sophistiqués. Du coup, le malaise s’est à son tour communiqué aux bourses de valeurs partout dans le monde. La bourse de Paris, par exemple, à baissé de 20 % en quelques jours. Le résultat, c’est que les banques échaudées commencent à restreindre les crédits demandés par les entreprises, les plus touchées étant naturellement les petites et moyennes entreprises qui, par définition, n’ont pas les capitaux propres suffisants. Malgré les efforts des banques centrales, il s’en faut de peu qu’on ne se dirige vers le fameux «  credit crunch » (assèchement du crédit).

 

La hausse du pétrole et des matières premières

 

D’autant plus que le prix du pétrole augmente à des niveaux jamais atteints. 160 dollars le baril il y a quelques jours…De même, les prix des matières premières ( notamment des métaux non ferreux et de certains produits agricoles) ont considérablement augmentés. Il est affolant de constater, en ce qui concerne ces dernières, que la folie écologique en faveur des carburants de substitution tels que l’éthanol, pousse à la famine dans de nombreux pays sous – développés en Afrique et en Amérique du Sud. Seuls échappent pour le moment à la crise les pays émergents ou assimilés produisant du pétrole ou du gaz ( Russie et pays arabes ou sud-américains producteurs de pétrole ) et les pays fortement industrialisés disposant d’une très nombreuse main - d’oeuvre à bas salaires ( Chine, Inde, pays de l’est asiatique…).

 

Les réformes de Monsieur Sarkozy

 

C’est donc dans un environnement défavorable que Nicolas Sarkozy a commencé ses réformes. Car en face de lui, malgré ses tentatives d’ouverture, peu de chose a changé. Que ce soit dans les syndicats, les partis de gauche ou dans la grande presse, un front commun contre les réformes, qui presque toutes impliquent un retour en arrière à la situation d’il y a quarante ans, s’est constitué. On va revoir bientôt les grandes manifestations contre ceci ou contre cela… On aurait pu le dire à Monsieur Sarkozy dès le début de son quinquennat. Dans la démocratie, il n’y pas, il ne peut pas exister, de consensus ou d’union sacrée car , par définition, tous les partis, tous les clans, toutes les coteries, sont des adversaires électoraux. Pour que le public les distingue les uns les autres, il faut que chacun de ces partis, clans ou coteries explique que les autres, tous les autres, sont des ennemis du peuple ou de telle ou telle collectivité, bref, des méchants, et que eux seuls sont les bons. Dans la démocratie française, on ne sort pas de cette vision manichéenne, cette « guerre civile sans coup de feu ». C’est pourquoi, comme Nicolas Sarkozy, très visiblement, n’est pas prêt à se battre, il y a gros à parier que ses réformes se réduiront à quelques belles formules et à des avancées très limitées.
                                                                                                        Georges Rousseau

 

par Philippe SCHNEIDER publié dans : lettre de la Restauration Nationale
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