Les conséquences de Mai 1968
Avec le recul du temps, il est plus aisé de porter un jugement objectif sur les conséquences des évènements dont on célèbre aujourd'hui le quarantième anniversaire.
Conséquences politiques
Au plan politique, les conséquences directes des évènements de mai 68 ont été pratiquement insignifiantes. Rappelons que ces émeutes,
ou prétendues telles, ont entraîné la dissolution de l'Assemblée Nationale et la tenue, en juin 68, de nouvelles élections. Par réaction à la " chienlit ", celles - ci ont amené à l'Assemblée une
vague " bleu-horizon ", entendez par là une majorité absolue de députés gaullistes. Naturellement, les espoirs des groupuscules gauchistes qui étaient à l'origine de ces évènements ont été
totalement déçus : la France ne s'est pas transformée en démocratie populaire de type stalinien ou maoïste, ni même en pays pratiquant une économie autogestionnaire de type titiste. Quant aux
meneurs, ils se sont presque tous rangés, voire embourgeoisés : Daniel Cohn-Bendit est devenu un respectable sénateur en Allemagne, Glucksmann et Bernard-Henri Levy, des philosophes cajolés,
Serge July est devenu directeur de journal, et Bernard Kouchner, ministre…
Les dégâts collatéraux
Cependant, si les conséquences politiques directes de mai 68 ont été très faibles, les “dégâts collatéraux” furent lourds. Il s'agit principalement de la "gauchisation" généralisée des
entreprises qui ont un impact sur l'opinion : organes de presse, maisons d'édition, radios, télévisions, industries du cinéma et du théâtre, dont la
plus grande partie des personnels importants est directement ou indirectement issue du milieu des anciens soixante-huitards. Depuis lors, ces personnes véhiculent sans cesse des informations sous
forme d' images ou de commentaires non pas fondées sur la réalité mais sur des pré-supposés idéologiques tels que : " l'homme est né bon, c'est la
société qui le rend mauvais ".
Le désastre de l'Education nationale
L'Education Nationale est la grande victime de mai 68. Presque toutes les mesures qui montrent, encore aujourd'hui, leur nocivité, datent de cette
période ou en sont la suite idéologique. L'enseignement a subi une véritable révolution : le professeur n'est plus le transmetteur révéré du savoir, il n'est qu'une sorte d' animateur chargé de
faire apparaître ce qu'il y a de bien dans l'élève… Une circulaire de janvier 1969 recommande la suppression des compositions, de la notation de 0 à 20 et du classement par rangs, " qui
pourraient créer un climat de rivalité et de jalousie ". Edgar Faure crée le " tronc commun ", grâce à quoi notamment le latin disparaît en 6ème, 5ème et 4ème. La loi Haby ( 1975 ) permet le passage automatique de l'école primaire au collège et interdit le
redoublement en CM2. L'autorité des professeurs est bafouée : certains se laissent tutoyer par leurs élèves. Ceux-ci fument dans les cours et les couloirs. Se mettre en rang dans la cour, se
lever à l'entrée du professeur dans la classe, n'est plus de mise. On remplace le cours magistral par des discussions fondées sur des documents,
voire des émissions télévisées. L'enseignement de l'Histoire est chamboulé : on privilégie l'histoire des structures inspirée du marxisme, et la chronologie disparaît. N'importe qui, élève ou
non, entre et sort des collèges et des lycées…
La destruction des valeurs
Une des plus terribles conséquences de mai 68 a été la destruction des valeurs sur lesquelles est fondée toute la civilisation. Grosso modo, celles-ci sont résumées dans la formule bien connue: " Travail, Famille, Patrie ". La famille, cellule de base de toute société car elle
assure la reproduction de l'espèce et surtout la transmission des traditions, doit être protégée contre toute agression. Sans travail, il n'y a pas de vie organisée possible, il n'y a que des
mendiants : c'est de cela qu'est mort l'Empire Romain. Enfin, toutes les cellules sont forcément réunies dans une communauté naturelle qui les englobe et les vivifie : la Nation, qui doit être
respectée et sauvegardée. Toutes ces valeurs ont été depuis quarante ans violemment contestées, ou au mieux “ringardisées”, par les chantres de la révolution de mai 68. En particulier, la famille
traditionnelle a été pratiquement détruite par deux mesures directement issues de l'idéologie soixante-huitarde : l'égalité entre les enfants naturels et les enfants légitimes (1972) et le
divorce par consentement mutuel (1975). Rappelons qu'à l'heure actuelle un mariage sur trois en France ( un sur deux dans la région parisienne) est
dissout par le divorce et qu'un enfant sur deux naît hors du mariage. Quant au travail, n'en parlons pas. Il suffit de se rappeler le slogan : "sous les pavés, la plage" ! C'est là qu'on voit que
les émeutiers ( ? ) de mai 1968 étaient, non des prolétaires, mais des enfants gâtés, des enfants de bourgeois qui allaient se défoncer en dehors des beaux quartiers…On sait l'hédonisme
généralisé qui en a résulté. Quarante après, on en supporte encore les effets néfastes : chacun sait que la France est, de tous les pays développés, celui où on travaille le moins
longtemps, aussi bien chaque jour que dans toute sa vie, et dont le taux de productivité diminue de
plus en plus !
La catastrophe de la libération sexuelle
Je n'ai pas l'habitude de jouer les " pères - la - pudeur ", mais quand même ! La vague de la libération sexuelle a pris son essor en mai 68 et dans les années qui suivent. En 1974, la pilule
anticonceptionnelle est remboursée par la Sécurité sociale. En 1975, la loi Weil légalise l'avortement. Ce n'est plus une vague, c'est un tsunami ! Tout est permis, tout peut être montré! Les
dérives sexuelles les plus atroces sont presque considérées comme normales et ce n'est pas un hasard si
la pédophilie apparaît au grand jour dans les années 1970 - 1980. Les films pornographiques sont montrés à la télévision, non aux heures de grande écoute il est vrai, mais franchement…La
sexualité envahit même sournoisement la publicité : on ne peut plus vanter les qualités d'un produit sans montrer une belle fille peu vêtue !
Le mouvement de mai 1968 a été profondément nocif
En conclusion, force est de constater que les conséquences des évènements de mai 68 ont été globalement nocives pour notre pays et la société française. Non pas dans ses conséquences politiques
immédiates, mais dans leurs effet secondaires et dans la "gauchisation" générale de l'intelligentsia qui se fait sentir encore aujourd'hui. Mais les dommages ont surtout été incalculables dans le
domaine de l'éducation et des mœurs. La révolution sexuelle continue de faire toujours ses ravages, avec les conséquences les plus graves sur l'institution familiale, et par suite sur les enfants
et adolescents, eux-mêmes victimes innocentes de la sottise et de l'orgueil des "combattants" de mai 68 !
Georges Rousseau
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